Pourquoi y a-t-il encore si peu de femmes guides de montagne ? Que faut-il pour qu’une femme devienne guide de montagne ? Et quels atouts les femmes apportent-elles à ce métier ? Bianca « Bibi » Schöferle, guide de montagne originaire de l’Allgäu, te donne un aperçu passionnant de sa vie en montagne et de sa formation pour devenir guide de montagne.
Bibi est une skieuse et une alpiniste passionnée. Ayant grandi dans la région de l'Allgäu, elle a transformé sa passion pour la montagne en métier après avoir obtenu son diplôme d'ingénieure en mécanique. Elle est seulement la 15e femme guide de montagne en Allemagne et adore faire du freeride dans le Kleinwalsertal et s'attaquer à des circuits de haute montagne dans les Alpes occidentales. L'un de ses plus grands moments a été de gravir l'arête de l'Innominata sur le Mont-Blanc en une seule journée.
Il n’y a pas eu de déclencheur précis. C’était plutôt une évolution naturelle. J’ai toujours adoré passer du temps en montagne pendant mon temps libre : escalade, ski de randonnée, escalade sur glace et alpinisme. Ça m’a permis d’améliorer petit à petit mes compétences et d’acquérir de l’expérience. J’ai plusieurs guides de montagne dans mon cercle d’amis, donc l’idée de me lancer dans une formation de guide de montagne m’est venue tout naturellement. Je m’imaginais bien travailler comme guide de montagne à temps partiel en parallèle de mon boulot de bureau.
Chacun part d’un niveau différent. L’important, c’est de ne pas être débutant dans toutes les disciplines. Tu dois te sentir vraiment à l’aise quand tu fais de l’escalade et du ski de randonnée. Plus tu as de retard à rattraper dans certaines disciplines, plus tu dois prévoir de temps pour t’entraîner et acquérir les compétences techniques et la condition physique nécessaires.
À mon avis, il y a deux raisons principales. D’abord, l’examen d’entrée est exigeant. Nous, les femmes, on doit répondre aux mêmes critères que les hommes, ce qui est logique. Après tout, les guides de montagne femmes travaillent avec les mêmes clients que leurs collègues masculins.
Deuxièmement, les métiers physiquement exigeants ont tendance à être moins populaires auprès des femmes dans notre société. Ça peut sembler être un stéréotype, mais cette mentalité est encore bien ancrée dans la société. Personnellement, je pense que les femmes sont tout aussi capables d’exceller en montagne.
À première vue, on pourrait croire que la force et le poids corporel jouent un rôle important. Mais ces différences peuvent être compensées, par exemple en utilisant des techniques d'assurage adaptées. Après tout, il y a aussi des guides de montagne masculins qui sont très légers et moins musclés.
En ce moment, je ne travaille pas à plein temps comme guide de montagne. Actuellement, je ne passe qu’environ deux semaines par an sur des excursions qui m’obligent à passer la nuit loin de chez moi. La plupart des excursions que j’organise se déroulent juste à côté de chez moi, à Oberstdorf, dans la région de l’Allgäu. Il y a plein d’excursions d’une journée que je peux y organiser, aussi bien en hiver qu’en été. C’est particulièrement important pour moi en ce moment.
Quand ma fille sera plus grande et plus autonome, ça changera peut-être encore. Concilier le métier de guide de montagne avec la vie de famille et les enfants, c’est pas toujours facile. Mais malgré tout, je trouve ça super gratifiant. Il faut juste faire preuve de créativité pour organiser sa vie.